Spiritualité

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Spiritualité

Face à l’entrée, un homme, sans âge, drapé d’un tissu orange, arbore une barbe abondante. D’un gris jaunâtre, frisoté comme de la laine d’acier, elle enveloppe tout le bas de son visage et lui confère des airs autoritaires, mais invitants. Intrigué par notre visite, il s’incline légèrement et nous convie à le suivre. L’individu à la tunique échange quelques mots – probablement des consignes de politesse et d’usage – avec Sanjay, puis nous laisse libres de déambuler.

Le temple

 Dans de petites alcôves, des centaines de bougies éclairent des icônes représentant des divinités hindoues. Sanjay me les nomme, m’explique tour à tour leur différent rôle et pouvoir. Je mémorise les trois plus important  : Brahma, Vishnou et Shiva.

Les hommes vaisseaux fantômes

Des sadhus, venus du nord de l’Inde, transitent dans ce lieu de culte, étape essentielle de leur pèlerinage. Minorité visible, je deviens source de curiosité. Plutôt que de les inquiéter, ma présence provoque une tempête de sourires, de prosternations et de murmures. Des visages empreints de vérité, de calme, de bienveillance et d’ouverture. L’un de ces hommes s’avance, m’observe, hésite et finalement m’invite à le suivre. Vêtu d’un ample tissu blanc, il se déplace avec légèreté. Une chevelure généreuse, serrée en un chignon, trône au-dessus de sa tête. Ce qui me déstabilise au plus haut point, c’est son regard. Des yeux qui, rehaussés par de longs cils noirs, appellent à la paix. Mais pas m’importe quelle paix, une paix intérieure, palpable qui va directement au cœur.

suite

Avec son majeur droit, qu’il approche respectueusement de mon visage, il trace un point rouge au milieu de mon front, saisit mes mains et récite un mantra. À cet instant précis, tout mon corps vibre, je me sens envahi par une indescriptible sensation comme si j’avais touché, une nanoseconde, le nirvana. Remis de mes émotions, nous déambulons dans un dédale de couloirs, traversons une salle où des statues aux bras multiples qui, yeux tournés vers le ciel, semblent avoir été figées.Usée par des années de dévotion, de prières et de fêtes, l’enceinte témoigne du passé. Par endroit, les céramiques, aux teintes autrefois vives, arborent maintenant des couleurs défraichies, voire ternes. Loin d’en diminuer la beauté, au contraire ces marques du temps lui confèrent une personnalité singulière. Dans l’espoir d’en capter l’énergie, je ralentis, laissant mes doigts effleurer la texture irrégulière des bas-reliefs. Les yeux fermés, je perçois des micros-aspérités, on dirait code morse me dévoilant son secret. Curieux, je l’ausculte et détecte une forme ovale, suivi par un espace lisse puis une ligne verticale. 

Suite 2

En dessous, je décèle une cavité que j’associe à un joint reliant deux morceaux. J’entrouvre les yeux pour me repérer puis reprends mon parcours tactile. La surface de la suivante ne relève rien de particulier, les gravures difformes conservent leurs mystères.